Quatorze militants animalistes de l’association « Boucherie abolition » sont jugés vendredi 20 septembre 2019 par le tribunal correctionnel d’Évreux pour des intrusions et des dégradations qui ont visé trois élevages. Il leur est reproché de s’être introduits dans trois exploitations agricoles, à Beaulieu (Orne), Goussainville (Eure-et-Loir) et Jumelles (Eure) pour « libérer » (selon leurs termes) de la volaille et des porcs, le 14 avril. Un mouvement de panique au sein de l’exploitation de l’Eure a causé la mort par étouffement de près de 1 400 dindes, selon l’enquête.

Dégradation, vols, violation de domicile

Les prévenus, âgés de 25 à 50 ans, ont reconnu les faits, plaidant la désobéissance civile. Certains portaient des tee-shirts avec des slogans comme « Quelle justice pour les victimes de l’élevage », « Élevage hors la loi », « Sauver des vies n’est pas un crime ». « Ce n’est pas le procès de l’élevage. Mais votre procès sur les infractions qu’on vous reproche », a prévenu le président du tribunal Franck Doudet.

« Je reconnais avoir libéré des animaux par état de nécessité pour cesser la cruauté envers les animaux », a lancé une prévenue. « Nous ne sommes pas des fous, nous sommes des lanceurs d’alerte », a renchéri une autre, en pleurs à la barre. La plupart des militants sont poursuivis pour dégradations, vols, violation de domicile, entrave à la liberté du travail. Le procès doit durer une journée. Il doit s’achever avec les plaidoiries et les réquisitions du procureur de la République. La FNSEA s’est constituée partie civile.

AFP