Qu’ils soient agriculteurs, coopérateurs ou industriels, ils sont certains d’une chose : l’agriculture française n’est pas aussi compétitive que ses voisines européennes. Pointant du doigt la perte de marchés au niveau national, européen et international de l’agriculture et de l’agroalimentaire français, la FNSEA, Coop de France et l’Ania (1) ont présenté leur « pacte productif » le 1er octobre.

Pour contrer cette perte de vitesse, ils recommandent qu’un effort en termes d’investissement puisse être réalisé.

Répondre aux attentes des marchés

« Nos outils doivent être modernisés pour produire davantage et en adéquation avec les attentes des marchés, a estimé Dominique Chargé, président de Coop de France. Il y a un retard à l’investissement qui est significatif et un vieillissement de l’outil de production. » Les trois organisations ont proposé d’abaisser le seuil d’accès aux financements publics et une accélération des procédures administratives pour la construction de nouvelles capacités industrielles (silos notamment).

Il faut « recréer une dynamique d’investissements raisonnée », a résumé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. L’éleveuse du Maine-et-Loire s’est également inquiétée d’un déficit d’attractivité et d’une méconnaissance des « métiers du vivant ». Ils ont pour conséquence « un sous-emploi important » au sein de la filière alimentaire, selon les trois organisations.

Reprenant les chiffres de l’Anefa (2), Dominique Chargé a précisé que 11 % des offres d’emploi agricoles et agroalimentaires en 2018 n’ont pas trouvé preneur. Pour les six premiers mois de 2019, ce chiffre atteindrait même les 16 %. La marche du plein-emploi en agriculture est encore haute.

Alexis Marcotte

(1) Association nationale des industries alimentaires.

(2) Agence nationale de l’emploi et de la formation en agriculture.