« En 2018, les grandes cultures (céréales et oléoprotéagineux) sont la première cause de conversion en bio, juste devant la viticulture, a expliqué Florent Guhl, le directeur de l’Agence bio. 2015, 2016 et 2017 ont été très fortes et 2018 est encore beaucoup plus forte que ces trois années qui étaient records. »

Davantage de silos dédiés

« En 2007, on avait 80 fermes en grandes cultures par an qui passaient en bio en France, poursuit-il. En 2018, on en a 1 360, pour 6 300 à 6 400 » toutes productions confondues. Outre la demande très forte, la multiplication des outils affectés au stockage et à la transformation de grains bio a permis de lever les dernières réticences de certains paysans.

« Le maillage du territoire par des silos de stockage spécifiques est une vraie nouveauté », souligne Florent Guhl, pour qui cela « explique en grande partie la conversion des nouveaux agriculteurs producteurs en bio », qui ne sont désormais plus « dans un désert de l’aval ».

L’aval s’investit

« Quand vous faites des céréales, vous transformez rarement à la ferme, insiste Florent Guhl. La plupart du temps, il faut tout un circuit de valorisation, du stockage et des moulins, il faut que toute la chaîne existe et qui plus est, pas trop loin de chez vous », pour valoriser une production de céréales bio.

Le Groupe Soufflet, un des principaux meuniers-boulangers français, a ainsi annoncé, le 4 avril, l’inauguration de son premier moulin bio à Lozanne, dans le département du Rhône, capable de produire annuellement 24 000 tonnes de farines issues de blé bio français. D’autres projets sont dans les cartons des meuniers français, afin de répondre à l’appétit de pain bio.

Des régions au nord de la Loire, jusque-là un peu à la traîne, ont bénéficié de ce mouvement pour accélérer le rythme, telles l’Ile-de-France, le Grand Est, les Hauts-de-France, et la Région Centre-Val de Loire. En 2018, il y a eu 33 % d’agriculteurs bio en plus en Ile-de-France, qui sont passés d’environ 300 à 400, essentiellement grâce aux céréales.

AFP