Le syndicat, qui réunit 200 apiculteurs pour la plupart amateurs, a reçu l’alerte d’un de ses membres qui vend ses excédents au groupe Famille Michaud Apiculteurs, le plus gros acteur du miel en France notamment avec sa marque Lune de Miel.

Analyse systématique

« Lorsqu’ils reçoivent le miel, ils le font systématiquement analyser et là ils ont trouvé du glyphosate », explique Jean-Marie Camus, président du syndicat apicole de l’Aisne, confirmant une information du quotidien Le Parisien Aujourd’hui en France.

Le groupe Famille Michaud Apiculteurs a confirmé avoir refusé trois fûts de miel toutes fleurs après y avoir détecté des traces de cet herbicide. L’apiculteur en question habite près de Laon, une région de grandes cultures (colza, betterave, tournesol, luzerne).

« Mais il ne faut pas non plus oublier le jardinier du dimanche et sa propension à utiliser facilement le Roundup », souligne l’avocat du syndicat, Emmanuel Ludot, avocat du barreau de Reims. Ce dernier a déposé plainte jeudi au nom du syndicat pour « administration de substances nuisibles ».

S’il a choisi cette date pour porter plainte contre Bayer et Monsanto, c’est « pour la faire coïncider avec deux événements : l’action nationale des apiculteurs et le rachat définitif de Monsanto par Bayer », bouclé jeudi, souligne Maître Ludot.

Contamination accidentelle ou non ?

Jean-Marie Camus espère que la plainte conduira à l’ouverture d’une enquête permettant de savoir quel taux de glyphosate a été retrouvé dans ce miel, si d’autres substances ont été détectées, si cette contamination est accidentelle, et quelles conséquences elle pourrait avoir sur la santé des consommateurs.

Les trois fûts de miel mis en cause ont été précieusement conservés par l’apiculteur. « La question est aussi de savoir quelle est l’étendue du phénomène. Famille Michaud m’a dit qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé », ajoute maître Ludot.

Tous les miels livrés au groupe par des apiculteurs français sont analysés et « régulièrement nous détectons des substances exogènes dont le glyphosate », confirme Vincent Michaud, président de Famille Michaud Apiculteurs.

« Et systématiquement quand nous détectons du glyphosate (au-dessus du seuil de 10 ppb) nous refusons le miel dans nos recettes », détaille-t-il. Parmi les autres substances souvent détectées, Vincent Michaud cite des sirops de nourrissement ou des antibiotiques destinés aux abeilles, et d’autres produits phytosanitaires.

Avec l’AFP