Les rapporteurs de la mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate ont présenté leur résultat à la presse le 13 novembre 2019. Parmi les points d’attention, l’agriculture de conservation occupe une place importante.

L’intérêt reconnu de la conservation des sols

Le député Julien Dive, président de la mission d’information, parle d’un « dilemme » entre l’arrêt du glyphosate et celui du labour. Les adeptes du non-travail du sol semblent avoir été entendus : « Vos rapporteurs ont rencontré notamment des militants de l’agriculture de conservation des sols aussi convaincus de la nécessité de réduire les phytopharmaceutiques que les dégâts causés par l’excès des labours. Ils ont aussi entendu la fierté de nombreux agriculteurs de redonner sa pleine place à l’intelligence du travail agronomique après des décennies où on leur a vendu des recettes préfabriquées avec l’hyper productivité pour premier objectif. »

Des producteurs pas encore prêts à se passer de glyphosate

Les rapporteurs ont auditionné l’association pour une agriculture durable (Apad) qui considère « qu’à ce jour, la grande majorité des exploitants en agriculture de conservation des sols ne saurait se passer du glyphosate ». Selon les pionniers du semis direct, « une interdiction en 2022 et donc a fortiori à la fin de l’année prochaine mettrait les exploitants pratiquant l’agriculture de conservation des sols en grandes difficultés ».

Selon le rapport, l’agriculture de conservation utilise 720 g/ha/an de glyphosate contre 114 g/ha/an pour l’ensemble des grandes cultures. Ces chiffres sont cependant mis en perspective par l’Apad. Sophie Gardette, directrice de l’association auditionnée suppose que la dose d’utilisation retenue pour les grandes cultures est une moyenne d’utilisation à la ferme, parcelles traitées et non traitées. Alors que la dose indiquée pour l’ACS est celle des parcelles traitées avec du glyphosate, donc non moyennée à l’échelle de la ferme. La comparaison de ces données est, selon elle, incohérente.

L’Inra considère la piste des couverts végétaux comme la plus prometteuse mais avoue qu’elle n’est pas suffisamment efficace aujourd’hui pour permettre de se passer de glyphosate.

Voir aussi : Rapport parlementaire — La suppression du glyphosate coûtera cher (11/11/2019)

Voir aussi : Sortie du glyphosate — « Mesurer la dangerosité à l’aune de la science et non de l’opinion publique » (13/11/2019)

Renaud d’Hardivilliers