Deux semaines de pluies incessantes ont noyé de vastes portions de l’État du Queensland. Et l’étendue de la catastrophe est en train d’apparaître avec le reflux des eaux. « Nous nous attendons à des centaines de milliers de (bêtes mortes) », a déclaré aux journalistes à Sydney le Premier ministre australien Scott Morrison.

Une « mer de bétail mort »

La Première ministre de l’État du Queensland, Annastacia Palaszczuk, a affirmé ce vendredi avoir vu une « mer de bétail mort » lors d’une tournée la veille dans les zones sinistrées.

« Voir tous ces animaux éparpillés, qui ne bougent pas, ça vous rend malade », a-t-elle dit à la chaîne australienne ABC.

Des réserves de fourrage ont été transportées dans les villes proches des zones les plus touchées afin d’être distribuées aux éleveurs qui les largueront par les airs aux bêtes isolées.

Rachael Anderson et son mari, qui gèrent un élevage près de la localité de Julia Creek, ont affirmé que 800 bêtes sur 1 500 manquaient à l’appel.

« Le bétail n’avait nulle part où aller. Il y a une ligne de chemin de fer près de chez nous qui est couverte de bêtes mortes », a déclaré Rachael Anderson. « Celles qui avaient échappé aux inondations en se réfugiant sur les zones plus élevées étaient exposées aux précipitations intenses. Elles ne pouvaient survivre longtemps. »

Des inondations qui n’arrivent qu’une fois par siècle

Rachael Anderson, qui a dû fournir du fourrage à ses bêtes ces derniers mois en raison de la sécheresse, a indiqué que les inondations avaient aussi tué nombre de kangourous et d’oiseaux.

Environ la moitié des 25 millions de têtes de bétail élevées en Australie le sont dans l’État du Queensland.

Ces inondations sont d’une ampleur telle que cela n’arrive qu’« une fois par siècle » selon les autorités de l’État du Queensland. Elles pourraient être catastrophiques pour la filière. « Cela va être fatal pour de nombreux élevages qui ont tout perdu et n’auront plus de revenus », a déclaré sur ABC William McMillan, un éleveur.

Si les régions septentrionales de l’île-continent sont habituées aux fortes pluies en période de mousson, cette année elles se sont révélées beaucoup plus intenses que la normale. Une chaleur intense a caractérisé le début de l’été austral, avec le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré. Elle a aggravé la sécheresse dans l’intérieur des terres et provoqué des feux de forêt.

AFP