« La cohabitation entre l’activité pastorale en estive et la population d’ours brun est une réalité historique à l’échelle du massif pyrénéen, et un impératif à l’égard des engagements internationaux de la France pour une espèce dotée d’un statut de protection », affirment le CGAAER (1) et le CGEDD (2), dans un rapport publié le 12 mars 2019.
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« La cohabitation entre l’activité pastorale en estive et la population d’ours brun est une réalité historique à l’échelle du massif pyrénéen, et un impératif à l’égard des engagements internationaux de la France pour une espèce dotée d’un statut de protection », affirment le CGAAER (1) et le CGEDD (2), dans un rapport publié le 12 mars 2019.

Les deux organismes reconnaissent toutefois en 2017 et 2018 « une nette recrudescence des attaques et mortalités (691 brebis mortes en 2017) alors que la population d’ours pyrénéenne connaît une évolution positive, avec un effectif sur le massif de 43 individus à la fin de 2017 ».

« Les bases d’un futur plan d’action »

Pour parvenir à cette « cohabitation », le rapport propose six recommandations principales, « constituant les bases d’un futur plan d’actions de nature à permettre une meilleure efficacité du système des mesures d’accompagnement aux éleveurs confrontés à la prédation de l’ours dans les Pyrénées centrales » :

  • Renforcer les moyens de prévention des prédations s’appuyant sur le « triptyque » de protection (gardiennage – chiens de protection – regroupement nocturne du troupeau), de manière proportionnée dans les estives par la réalisation d’un diagnostic pastoral couplé à un diagnostic de vulnérabilité. Il s’agit également d’assurer la formation initiale et permanente des bergers et des éleveurs à la gestion des troupeaux face à la prédation.
  • Renouer une relation d’appui avec les éleveurs dans leur démarche de développement de l’élevage pastoral en présence de l’ours en privilégiant la transparence dans la diffusion de l’information sur la population d’ours, et la confiance avec la mise en place de l’autoconstat déclaratif. Il s’agit aussi de développer les actions d’appui « facilitant la vie des éleveurs et des bergers » (bergers supplémentaires, équipement en cabanes et en téléphonie, techniques d’effarouchement…) et les démarches de promotion de la qualité des produits.
  • Améliorer le dispositif d’indemnisation en rapprochant les barèmes ours et loup, et le dispositif d’appui et accompagnement des éleveurs par l’ONCFS (effarouchement, diagnostics de vulnérabilité, veilles technologiques…).
  • Expérimenter des actions de « fixation » de l’ours en secteurs forestiers par plantations et nourrissage, d’effarouchement et de répulsion, de suivi de la population d’ours, en s’assurant d’un suivi scientifique.
  • Relancer des initiatives pour une gouvernance ours et pastoralisme à l’échelle du massif des Pyrénées comme à l’échelle des territoires.
  • Renforcer les soutiens financiers au pastoralisme, à la prévention des prédations au sein du massif des Pyrénées, à la formation et à la communication.

Financements insuffisants

« Les financements des mesures d’accompagnement s’avèrent d’ores et déjà insuffisants sur certaines lignes, par exemple en matière d’équipement en cabanes d’estives, rapportent le CGAAER et le CGEDD. Un renforcement du dispositif de soutien financier du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation via le programme de développement rural du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et du ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) pour les dernières années de programmation (2019 et 2020) apparaît nécessaire. »

(1) Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.

(2) Conseil général de l’environnement et du développement durable.