Pour l’occasion, le photographe a ressorti le décor qu’il utilisait pour photographier des éleveurs et leurs animaux d’élevage au Salon international de l’agriculture. Des photos qui ont largement contribué à sa renommée, avant qu’il ne se lance dans les images capturées depuis un hélicoptère. Mais cette fois, c’est lui qui prend la pose devant l’objectif.

Yann-Arthus Bertrand lors de la réalisation de la vidéo de L214. © L214

Le ton grave, Yann-Arthus Bertrand livre sa vision de l’élevage porcin, en se basant sur des images que L214 présente comme tournées en septembre 2019 dans un élevage du Finistère. Rien très nouveau par rapport aux habitudes de l’association : des truies en stalle individuelle, des porcelets morts dans un bac à cadavres, l’utilisation des antibiotiques…

Toujours le même message

Le message de fond n’est pas non plus différent de ceux que L214 délivre habituellement. La cible reste la même : le consommateur que l’association veut convaincre d’arrêter de consommer de la viande. Mais cette fois, au lieu de s’en prendre à une marque comme elle l’avait fait avec le pâté Henaff, elle vise les élus locaux.

« Plusieurs centaines de millions de repas sont servies dans les cantines et les écoles, assure Yann-Arthus Bertrand. L’approvisionnement de ces cantines dépend des communes, des villes. Nous allons tous voter pour les élections municipales. Alors demandons aux candidats et futurs maires de s’engager à ne plus servir aux enfants de la viande et autres produits issus d’élevages intensifs. »

Les élections municipales dans le viseur

La demande ne se limite évidemment pas aux élevages dits intensifs, le photographe propose aussi de demander aux futurs élus « d’augmenter la fréquence des repas sans viande ni poisson. Car lutter contre l’élevage intensif, c’est aussi diminuer le nombre d’animaux élevés et envoyés à l’abattoir. » Ce qui rejoint là très clairement le message anti-élevage habituel de L214.

Voir aussi : Menu végétarien, des collégiens font de la résistance (18/11/2019)

Se souvenant, peut-être, de l’époque où il les photographiait avec leurs animaux, Yann-Arthus Bertrand assure que la situation des éleveurs « le touche aussi. Pensez-vous que les éleveurs soient eux-mêmes heureux de cette situation ? Savez-vous qu’au moins un tiers d’entre eux gagne moins de 350 € par mois et qu’un agriculteur sur cinq ne s’est dégagé aucun revenu en 2017 ? »

« Savez-vous que la plupart d’entre eux ont été poussés à investir massivement dans l’élevage intensif ? poursuit-il. Qu’ils sont aujourd’hui criblés de dettes, piégés par les coopératives, les banques, trahis par leurs syndicats ? » Les intéressés se reconnaîtront, mais on peut quand même douter de la sincérité du message.

Voir aussi : Plainte des salariés, l’association L214 condamnée par la justice (19/11/2019)

E.R.