Les organisateurs, membres de l’association Farplace, avaient obtenu en avril l’accord de la mairie pour la location d’une salle afin d’y organiser le festival « Calais Vegan Festival ».

Inquiet, le maire de Calais décide le 23 août d’annuler ce festival, en raison de la colère des bouchers charcutiers dont les vitrines ont été vandalisées dans la région. La mairie craignait, d’après un communiqué du tribunal administratif de Lille, la menace « des représentants de ces professions et d’agriculteurs de manifester et d’organiser un barbecue géant » devant l’événement.

Plusieurs associations, dont L214 font alors appel de cette décision auprès du tribunal administratif. Le juge, à l’issue de l’audience du 4 septembre, a ordonné le maintien de ce festival, assorti d’une amende de 1 500 € que la mairie de Calais devra verser à l’association L214.

« Atteinte à la liberté d’expression »

Le juge des référés considère que la décision d’annulation de cet événement constitue « une atteinte grave » et « manifestement illégale » aux « libertés de d’expression, de réunion et du commerce et de l’industrie » et cette « atteinte », justifie « l’injonction au maire de Calais de laisser se dérouler » le festival.

Dans sa décision, le tribunal souligne que « d’autres festivals vegan ont été organisés dans plusieurs villes de France sans qu’aucun incident n’ait été à déplorer ».

En outre, « les organisateurs du Calais Vegan Festival, qui doit se dérouler à l’intérieur d’une salle dont l’entrée sera payante, ont prévu de faire appel aux services d’agents de surveillance privés ».

Le juge a estimé par ailleurs « qu’à supposer même qu’un risque de trouble à l’ordre public existe, la commune de Calais n’établit pas être dans l’impossibilité de remédier à ses troubles ».

Une contre-manifestation officieuse

Dans son jugement, le tribunal considère enfin que « la commune de Calais n’apporte pas d’autres éléments que des articles de presse relayant des prises de position d’organismes professionnels ». Contactée par la France Agricole, la FDSEA du canton de Calais, et son président, Antoine Peenaert, confirment l’absence de position officielle du monde agricole.

Toutefois, précise M. Peenaert, « les agriculteurs sont solidaires de bouchers, qui représentent la fin de la filière ». Les agriculteurs pourraient d’ailleurs être, selon lui, de nouvelles cibles.

Dénonçant les violences contre les commerces, M. Peenaert appelle également à limiter la publicité dont bénéficient ces associations. « Nous, on fait de la viande, et c’est notre gagne-pain. Il faut laisser les consommateurs choisir. »

Concernant les leçons de développement durable que pourraient donner certaines associations de l’écosystème vegan, M. Peenaert ajoute : « Du quinoa, vous croyez qu’on en fait beaucoup en France ? »

Ivan Logvenoff avec l’AFP