« J’autorise l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse et naturels sur l’ensemble du territoire communal de Fouronnes » (165 habitants), affirme Luc Jacquet, lui-même agriculteur, dans cet arrêté volontairement provocateur et humoristique. « Avant d’appliquer toute nouvelle réglementation pénalisant exclusivement l’agriculture », la mairie devrait d’abord interdire cigarettes mais aussi « viandes grillées, boissons chaudes et autre malbouffe » ou encore « tous véhicules à moteur », explique-t-il, en faisant référence à des études épidémiologiques.

« Remettre les pendules à l’heure »

« Pour prémunir les habitants de toutes nuisances, il (serait) nécessaire de retourner aux usages antérieurs au XVIIIe siècle », peut-on encore lire dans cet arrêté transmis ce lundi 7 octobre 2019 à l’AFP. « Je veux simplement remettre les pendules à l’heure », a expliqué Luc Jacquet, qui dit lui-même « chercher à diminuer l’usage » des produits phytosanitaires dans son métier de cultivateur mais assure qu’il n’y a parfois « pas le choix » et dénonce « la pression » mise aujourd’hui sur les agriculteurs.

Les phytos de synthèse ne sont « pas plus dangereux que les pesticides biologiques », a-t-il ajouté, estimant que leur interdiction obligerait la France à importer des marchandises produites ailleurs de façon moins vertueuse. En « autorisant tout le monde » à utiliser des pesticides, « je vais contre la loi », reconnaît l’élu, qui s’attend à ce que cet arrêté, pris le 23 septembre et repéré initialement par le magazine Le Point, soit annulé par la préfecture.

AFP