Jets de pierre, tags, rideaux de métal tordus : depuis le mois de mai, treize commerces et restaurants, principalement dans le Nord, ont été attaqués au nom de la cause vegan.

Les représentants des chasseurs et métiers de bouche, voulant faire cesser ces actes, avaient appelé à un contre-rassemblement devant le Calais Vegan Festival samedi dernier. L’annulant finalement « pour ne pas mettre de l’huile sur le feu », ils ont tout de même tenu à prendre la parole afin d’appeler les végans à maîtriser leurs éléments les plus violents.

Qui a été ciblé, et où ?

Depuis le printemps, ce sont treize boucheries qui ont été ciblées par des extrémistes végans. À chaque fois, le mode opératoire est le même : trois ou quatre individus, cagoulés, profitent de la nuit pour jeter des pavés contre les vitrines. Un tag, toujours identique, est apposé en jaune, en blanc, ou en noir : « Stop spécisme. » Les dégâts seraient estimés aux alentours de 2 000 € à chaque fois pour remettre la boutique ou le restaurant en état.

Sur la carte ci-dessus, on voit bien que le nord du pays est le plus touché. Quelques vitrines avaient été peintes de jets de faux sang en Occitanie, mais elles n’avaient pas occasionné de dommages matériels conséquents. La Région parisienne, par ailleurs, serait privilégiée en raison de l’impact médiatique immédiat des actions qui s’y déroulent. Nos collègues du Parisien auraient été prévenus par un mail anonyme dès le lendemain de l’attaque de Fontenay.

Les associations nient toute implication

« On ne peut plus accepter ce qui se passe », a répété Laurent Rigaud, président de la Fédération des bouchers des Hauts-de-France, en référence aux caillassages qui ont eu lieu depuis avril 2017 en France, et dans la métropole lilloise au printemps, « sans aucune interpellation ». Il a mis en cause directement l’association militante L214 et a, par ailleurs, promis de répondre à ces attaques si elles n’étaient pas punies.

« Nous n’avons rien contre les salons végans, ce que l’on demande, c’est que les végans fassent le tri chez eux, ils abritent en leur sein des gens d’une violence extrême », a également déclaré Willy Schraen, président de la Fédération nationale de chasse, fustigeant « l’intolérance qui revient sur le devant de la scène ».

Dans un communiqué samedi, l’association L214 a « contesté » être à l’origine de ces violences et dit réfléchir aux « actions judiciaires à mettre en œuvre pour que cessent les amalgames mensongers et diffamatoires ».

Ivan Logvenoff avec l’AFP